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Pourquoi certaines entreprises quittent le cloud ? | Quitter le cloud

Dernière mise à jour : 21 févr.

Au cours des deux dernières années, nous avons assisté à une tendance intéressante : certaines entreprises décident de quitter le cloud. Cette décision peut paraître contre-intuitive, surtout lorsque les géants du secteur tels que AWS, GCP et Azure vantent sans cesse les mérites du cloud, promettant des coûts réduits, une gestion financière optimisée, ainsi qu'une amélioration de la stabilité et des performances des infrastructures. Cependant, derrière le voile du discours marketing, la réalité est parfois tout autre. Bien que le cloud puisse effectivement s'avérer avantageux dans certains cas, il ne répond pas forcément aux besoins de toutes les entreprises.


La remise en question de l'efficacité du cloud a gagné en visibilité en 2022, notamment avec l'article de David Heinemeier Hansson intitulé "Why we're leaving the cloud", suivi en 2023 par "We have left the cloud". Dans ces articles, Hansson explique pourquoi, après plus d'une décennie d'utilisation du cloud via Amazon et Google, Basecamp et HEY ont décidé de se défaire de cette technologie. La principale raison évoquée est que pour une entreprise de taille moyenne, avec une croissance stable, le modèle économique du cloud ne se justifie pas. Les économies promises, notamment en termes de simplification de l'infrastructure, ne se sont jamais matérialisées.


Hansson souligne que le cloud présente des avantages dans deux situations bien précises :

  • pour les applications simples et peu fréquentées, où les services entièrement gérés permettent de réellement économiser sur la complexité,

  • et pour les charges de travail très irrégulières, avec des pics d'utilisation élevés.


Malheureusement, Basecamp ne se retrouvait dans aucun de ces cas, se retrouvant ainsi à payer un prix exorbitant pour une promesse non tenue.


L'article "We have left the cloud" détaille ensuite le processus et les bénéfices de leur transition hors du cloud. Contre toute attente, le changement s'est avéré relativement simple, en grande partie grâce à la conteneurisation préalable de leurs applications. En six mois, Basecamp et HEY ont complètement migré hors du cloud, réalisant d'importantes économies et améliorant la performance de leur service grâce à l'acquisition de matériel informatique performant. Cette transition, loin d'augmenter la complexité ou le coût de gestion, a permis à Basecamp d'économiser au moins 1,5 million de dollars par an, tout en conservant la même taille d'équipe opérationnelle.


Ces expériences soulignent un point crucial : posséder son propre matériel peut être bien plus avantageux pour les entreprises à croissance stable et prévisible. Hansson critique ouvertement la stratégie marketing des fournisseurs de cloud, qui selon lui, exagèrent les avantages de leurs services tout en sous-estimant les coûts et les complexités associés.


Voici une vidéo récente, "The Cloud Fugitive", qui illustre bien son point de vue et qui a été publiés sur Youtube le 10 février 2024 :




Réflexions sur le cloud et les fournisseurs de services cloud

Le recours au cloud pour certains services spécifiques me paraît pertinent, notamment dans des cas où la mutualisation des ressources offre une valeur claire. Les serveurs de messagerie (Gmail, Exchange Online, Kmail) et le stockage de données pour les utilisateurs finaux, avec des outils comme Dropbox, Google Drive, OneDrive et Kdrive, en sont de parfaits exemples. Ces solutions apportent une facilité d'utilisation et une accessibilité qui, bien que potentiellement égalables par des infrastructures traditionnelles, sont rendues beaucoup plus pratiques et économiques grâce à la mutualisation et à la standardisation qu'offre le cloud.


L'un des atouts majeurs du cloud est sa remarquable agilité face aux variations de demande. Cette technologie permet une adaptation presque instantanée lors des pics d'activité, une caractéristique particulièrement appréciée pour gérer les fluctuations sans devoir surdimensionner les infrastructures. Si les systèmes traditionnels peuvent techniquement répondre à ces exigences, le coût et la complexité logistique de mise à l'échelle en font souvent une option moins attrayante. Le cloud, grâce à son modèle économique basé sur la consommation réelle, propose une solution plus souple et économiquement viable pour naviguer ces variations sans l'investissement initial lourd requis par les infrastructures traditionnelles.


Ceci dit, je suis d'avis que l'avenir des infrastructures IT s'oriente vers une combinaison hybride. Migrer des services de base, tels que les solutions de messagerie vers des plateformes comme Exchange Online, Gmail, ou Kmail, semble logique. Ces plateformes simplifient la maintenance, assurent des mises à jour régulières et offrent une accessibilité mondiale, libérant ainsi les entreprises de contraintes opérationnelles significatives. Toutefois, il est essentiel d'aborder la migration vers le cloud avec nuance. Opter pour une stratégie de "lift and shift" sans adaptation ni réflexion peut se révéler contre-productif, entraînant des coûts inattendus et une perte de contrôle sur la gestion des systèmes.


La dépendance vis-à-vis des fournisseurs de cloud est une autre considération importante. Le remplacement d'une équipe opérationnelle diversifiée par une poignée d'ingénieurs spécialisés dans le cloud peut sembler simplifier les opérations à court terme. Cependant, cette transition vers une spécialisation accrue dans le cloud entraîne souvent une dépendance significative à l'égard de ces fournisseurs. Nous nous retrouvons alors dans une "cage dorée" : une situation où, malgré les avantages apparents en termes de commodité et d'efficacité, les entreprises se trouvent liées à leurs fournisseurs de cloud, avec des coûts élevés et une complexité accrue lorsqu'il s'agit d'explorer des alternatives ou de revenir à des solutions plus traditionnelles. Cette dépendance, bien que gérable au départ, nécessite une attention particulière pour éviter de se retrouver piégé dans une situation difficile à inverser sans subir d'importantes perturbations ou coûts.


Les fournisseurs de cloud vantent souvent la simplicité de leurs offres. Cependant, une équipe opérationnelle interne, guidée par une vision claire et une stratégie bien définie, peut atteindre des niveaux de simplification et d'efficacité comparables. Il est crucial de maintenir une équipe IT qualifiée, capable non seulement de gérer l'infrastructure interne mais aussi d'intégrer intelligemment les services cloud qui apportent une valeur ajoutée réelle.


L'équilibre est donc essentiel : utiliser le cloud là où il offre des avantages distincts tout en conservant une solide infrastructure interne et en préservant des compétences essentielles. Cela demande une compréhension profonde des besoins opérationnels et stratégiques, ainsi qu'une flexibilité pour s'adapter à un paysage technologique en constante évolution. En choisissant une approche hybride, nous pouvons bénéficier du meilleur des deux mondes, garantissant à la fois l'innovation et l'autonomie. La simplification véritable ne vient pas de l'externalisation sans discernement, mais d'une gestion stratégique et intentionnelle de nos ressources.


Aparté politique

Il me semble aberrant de confier la gestion de l'ensemble des serveurs mondiaux à quelques entreprises comme Alphabet, Amazon et Microsoft. Ce faisant, nous perdons non seulement en compétences mais aussi en indépendance. Il est impératif de maintenir une souveraineté numérique, tant au niveau des pays qu'au sein même des entreprises, en préservant des profils experts dans ces domaines.


En somme, l'aventure de Basecamp et HEY nous enseigne une leçon précieuse : le cloud n'est pas la panacée universelle. Comme toujours, la clé réside dans une stratégie réfléchie, des choix éclairés et le maintien d'une expertise interne solide. Et souvenez-vous, l'indépendance technologique, c'est aussi s'assurer de garder le contrôle de son avenir numérique.


MAJ du 21.02.2024 :

Voici une autre vidéo très intéressante au sujet du cloud


Enjoy 😎


AlexIn Tech


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